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Les vagues scélérates dans la lunette de Christian Kharif !

Publié le 12 Septembre 2019

Christian Kharif, Professeur émérite à l'Ecole centrale de Marseille et Chercheur à l'Institut de Recherche sur les Phénomènes Hors Equilibre (IRPHE UMR 7342), a participé à deux articles de vulgarisation scientifique sur le phénomène des vagues scélérates cet été. 

Les publications

Icône PDF "Vagues scélérates - Enfin l'explication"

Article paru dans Science et vie (les dossiers océanographie), n° 1222 de juillet 2019 (p104 à 110). Christian Kharif, dans cet article explicite le cadre théorique solide dont les équipes de recherche disposent à présent.

Icône PDF "Vagues scélérates : ces monstres qui surgissent du chaos"

Article paru dans le journal La Marseillaise (c'est l'été / Provence terre de science) du samedi 10 au dimanche 11 août 2019 (p17). Présentation de ce phénomène naturel exceptionnel.

Extrait

La Marseillaise : Peut-on prédire l'apparition d'une vague scélérate?

Christian Kharif : C'est ce que nous aimerions parvenir à faire. Idéalement, cela pourrait prendre la forme d'un radar scrutant le champ de vagues autour du bateau. Mais cela reste encore très difficile. Si les modèles explicatifs se sont affinés ces dernières années, passer de l’explication à la prédiction nécessite de numériser localement l'état de la mer avec un niveau de détail encore hors de portée des ordinateurs les plus puissants. En attendant, Météo-France fournit un niveau de risque global sous la forme d'un index, dit « de Benjamin-Feir », du nom des deux découvreurs de l'instabi­lité de l'onde qui peut engendrer une vague scélérate.

L.M. : Cet indicateur de Météo-France est-il valable dans toutes les situations ?

C.K. : En théorie, l'index de Benjamin­ Feir n'est valable que pour une mer agi­tée par une houle homogène. Or, des étu­des récentes suggèrent que les mers dites croisées (c'est-à-dire quand deux trains de houle se superposent), seraient plus propices à l'apparition des vagues scélérates. À l'instabilité intrinsèque de chaque houle se conjugue alors un phénomène d'interférence : les vagues et leurs perturbations s'additionnent.

L.M. : Sur quoi vont porter vos prochains travaux ?

C.K. : Nous souhaitons reproduire la vague scélérate qui a frappé le ferry Jean Nicoli en collaboration avec nos collègues de Taïwan qui disposent d'un bassin de grande dimension permet­tant de simuler en laboratoire une mer croisée. En parallèle, je travaille à l’amélioration des modèles théoriques afin de mieux rendre compte des effets du vent et des courants sur la forme et la durée des vagues scélérates

Propos recueillis par J.-B.V.

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